Cadre de travail

Bureaux partagés: chacun essaie de tirer son épingle du jeu

A l'heure du travail nomade, les grands groupes ont flairé le bon filon. Ils sont de plus en plus nombreux à ouvrir des espaces de bureaux partagés en Suisse. Mais de plus petites structures concurrencent ces géants.

(ats) Sur sol helvétique, le leader du secteur est britannique. Il s'agit de Regus. "Nous exploitons 27 sites avec plus de 3500 places de travail en Suisse. De ce nombre, 425 sont des espaces de cotravail (coworking)", explique à l'ats Garry Gürtler, à la tête de Regus Suisse.

L'entreprise prévoit, par ailleurs, d'établir un réseau national avec jusqu'à 100 sites, au cours de ces cinq prochaines années. Au plan mondial, la multinationale est présente dans 900 villes et dans 120 pays.

En Suisse, Office Lab et gotham! font notamment concurrence à Regus. Le premier est présent à Zurich et à Zoug, le second à Lausanne depuis le mois de juin où il offre 160 places de travail. Gotham! envisage de s'étendre à Zurich, Berne et Genève. Il souhaite aussi ouvrir un deuxième espace de cotravail à Lausanne début 2018.

A Berne, Impact Hub Bern dispose d'une septantaine de places. Il fonctionne sur la base d'abonnements mensuels et possède 185 membres. "Toutefois ce ne sont pas les seuls à utiliser notre espace, il y aussi des entreprises, des organisations non gouvernementales (ONG) et des personnes externes qui ont recours à nos salles de réunions et d'événements", précise Alexandra Künzli, responsable de l'hébergement et de l'exploitation.

Impact Hub Bern fait partie d'un réseau international qui dispose de plus de 80 espaces de cotravail. En plus de Berne, il en existe, en Suisse, un à Genève et à Zurich. Un nouveau lieu va également ouvrir le mois prochain à Lausanne.

Aussi en montagne

Avant eux, de nombreux particuliers se sont lancés dans l'aventure, à l'instar de l'espace Simplon 8 à Martigny (VS) qui est ouvert depuis 2013. Lancé par Nicole Mottet, l'endroit propose une dizaine de postes de travail.

L'association Coworking Neuchâtel dispose, elle également, de 10 places de travail qu'une quinzaine de personnes se partagent ainsi que d'une salle de réunion.

"Nous avons traversé une période plus calme, du fait des vacances d'été. Mais dès que les températures chutent, les gens reviennent", précise Sedat Adiyaman, cofondateur de l'organisation. "Cela marche un peu par vagues", approuve Nicole Mottet.

Il existe une soixantaine de sites de bureaux partagés en Suisse. Ces espaces se concentrent non seulement dans les grandes villes comme Zurich, Lausanne et Genève, mais aussi dans les plus petites localités, à l'instar de Renens (VD), Vevey (VD) et Romont (FR). Ils ont même gagné la montagne avec deux sites ouverts à Crans-Montana (VS) et à Verbier (VS).

Pas de but lucratif

Impact Hub Bern, Coworking Neuchâtel et l'espace Simplon 8 ne permettent pas de retirer de juteux profits, même si ce n'est pas l'objectif selon leurs responsables. Mais d'après Sedat Adiyaman, ce type d'entreprise peut tout à fait être profitable si on crée ces endroits dans un objectif purement financier. Tout comme l'espace de Martigny, l'association neuchâteloise ne poursuit aucun but lucratif.

La majorité des individus qui fréquentent de tels lieux ont plus de 30 ans. Il s'agit pour la plupart de jeunes entrepreneurs, de traducteurs et de personnes actives dans la communication. "J'ai aussi un chercheur et une architecte d'intérieur", ajoute Nicole Mottet.

Selon plusieurs utilisateurs interrogés, ces espaces permettent de faire de nouvelles connaissances et de découvrir de nouveaux métiers. Ils offrent aussi des avantages sur le plan logistique puisque tout le matériel (imprimante, internet à haut débit, machine à café...) est disponible sur place. Mais gare au bruit! Certains endroits, mal insonorisés, peuvent s'avérer bruyants.

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Davantage d'articles de Maude Bonvin, ATS
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