Valse des patrons

Du changement à la tête de Novartis, Julius Baer ou Migros

Plusieurs grandes entreprises suisses ont renouvelé leurs instances dirigeantes durant l'année qui s'achève. Si Novartis ou Migros ont opté pour une transition en douceur, le patron de LafargeHolcim, embourbé dans le scandale syrien, a été contraint à la démission, tandis que Boris Collardi a quitté Julius Baer à la surprise générale.

(ats) Boris Collardi a quitté fin novembre le gestionnaire de fortune zurichois avec effet immédiat. Le Vaudois de 43 ans rejoindra dès la mi-2018 le concurrent genevois Pictet. Bernhard Hodler, 57 ans, depuis deux décennies auprès du groupe et récemment CEO adjoint, a été nommé pour lui succéder.

En poste durant un peu plus de huit ans, Boris Collardi peut se targuer d'un excellent bilan. Parmi ses principales réussites, le groupe s'est notamment emparé des activités de gestion de fortune de Merrill Lynch hors des Etats-Unis et s'est fortement déployé en Asie.

Julius Baer entre toutefois dans une phase d'incertitude. La Bourse n'a pas apprécié ce changement, qui a pris de court la communauté financière, et a sanctionné l'action du groupe lors de l'annonce de ce départ.

Continuité

Novartis a par contre opté pour une transition en douceur. Le géant pharmaceutique bâlois rajeunit sa direction. Le groupe sera dirigé dès le 1er février par Vasant (Vas) Narasimhan, 41 ans. A la tête de la firme depuis 2010, l'Américain Joseph Jimenez, 58 ans, s'en va après avoir recentré l'entreprise et lancé plusieurs médicaments générateurs de croissance.

Vasant Narasimhan est médecin-chef et directeur mondial du développement des médicaments de Novartis. Egalement membre du comité de direction, l'Américain d'origine indienne a rejoint l'entreprise en 2005.

Avec Vasant Narasimhan, Novartis retrouve un homme de la pharma à sa tête, alors que Joseph Jimenez venait du géant alimentaire américain Heinz. Le changement de tête chez Novartis ne devrait pas impliquer un changement de cap dans la stratégie du groupe.

Un Romand à la tête de Migros

Loin des soubresauts boursiers et des polémiques, Migros a également opté pour un changement dans la continuité. Pour la deuxième fois de son histoire, le géant orange sera dirigé par un Romand.

L'administration de la Fédération des coopératives Migros (FCM) a désigné Fabrice Zumbrunnen comme président de la direction générale. Agé de 48 ans, le Chaux-de-Fonnier succédera à Herbert Bolliger le 1er janvier, devenant ainsi le plus jeune patron du premier détaillant helvétique.

Herbert Bolliger prendra pour sa part sa retraite en fin d'année, après treize années passées à la tête du groupe. Treize ans durant lesquels les revenus du distributeur auront augmenté 17 à 27 milliards de francs.

LafargeHolcim dans la tourmente

En pleine polémique sur ses agissements en Syrie, LafargeHolcim s'est doté d'un nouveau directeur général. Jan Jenisch, ancien patron du chimiste du bâtiment Sika, a pris le 1er septembre les rênes du cimentier franco-suisse. Son prédécesseur Eric Olsen avait démissionné en avril, éclaboussé par le scandale syrien.

Le groupe français Lafarge, qui a fusionné en 2015 avec le st-gallois Holcim, est mis en cause pour avoir transmis de l'argent et acheté du pétrole à des groupes jihadistes, dont l'Etat islamique, pour continuer à faire tourner sa cimenterie en Syrie.

Chez Sika, Jan Jenisch a été remplacé par Paul Schuler le 1er juillet. Ce dernier était le responsable de la région Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA) de Sika. Agé de 62 ans, il travaille pour le groupe zougois depuis 29 ans.

Nouvel homme fort chez Richemont

Le numéro deux mondial du luxe Richemont a aussi réorganisé sa direction. Jérôme Lambert est le nouvel homme fort du groupe genevois. Après le départ à la retraite de l'ancien patron Richard Lepeu, Richemont avait abandonné sa fonction pour un dispositif de commandement double, constitué de Jérôme Lambert et Georges Kern.

Le départ du second au bout de quelques mois pour la société horlogère Breitling a incité le groupe à revoir son organisation. Ancien patron de Montblanc, Jérôme Lambert est devenu le directeur opérationnel pour l'ensemble des activités du groupe à l'exception de Cartier et Van Cleef & Arpels.

UBS a également procédé à plusieurs changements au sein de sa direction générale. Actuel président d'UBS Suisse, l'Allemand Martin Blessing va succéder dès le 1er janvier à Jürg Zeltner à la tête de l'importante division de gestion de fortune.

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Davantage d'articles de Alexandre Beuchat/ATS

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