Administration fédérale: 57 postes à plein temps supprimés à l'Office de l'informatique

L'Office fédéral de l'informatique et de la télécommunication (OFIT) va supprimer 57 postes équivalents plein temps. Près de la moitié feront l'objet d'un plan social. Les autres employés pourraient être réengagés par les entreprises auprès desquelles l'OFIT externalisera des prestations.

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Si l'OFIT ne peut éviter le licenciement d'une soixantaine de collaborateurs, il affirme que la plupart des suppressions de postes seront réalisées par une externalisation ciblée des prestations. Photo: Keystone

(ats) Alors qu'il pouvait jusqu'à fin 2016 déterminer lui-même ses effectifs dans le cadre de son mandat de prestations, l'OFIT doit désormais aussi appliquer le nouveau modèle de gestion de l'administration et ainsi mettre en oeuvre les décisions du Parlement de la session d'hiver portant sur les budgets du personnel, écrit-il dans un communiqué.

Soixante collaborateurs ont appris que leur emploi sera supprimé, précise dans la foulée l'Association du personnel de la Confédération. Dans un communiqué, l'APC relève que ces licenciements interviennent alors même que le chef du Département fédéral des finances Ueli Maurer, auquel l'OFIT est rattaché, avait promis au Parlement que les mesures de réduction budgétaire pouvaient être réalisées sans licenciements.

Et l'APC de qualifier ces licenciements d'inacceptables. Le personnel plus âgé et moins bien formé est particulièrement touché, souligne encore le syndicat. Son homologue, transfair, se dit lui "indignés que ces suppressions d'emplois soient aussi massives".

Recaser les employés

Si l'OFIT ne peut éviter le licenciement d'une soixantaine de collaborateurs, il affirme que la plupart des suppressions de postes, soit 32 équivalents plein temps, seront réalisées par une externalisation ciblée des prestations. Le but est que les collaborateurs concernés puissent être engagés par l'adjudicataire de l'appel d'offres organisé par l'OFITconformément aux règles de l'OMC, espère l'office.

En outre, ce dernier a examiné les possibilités de ne pas repourvoir les postes vacants et de ne pas remplacer les collaborateurs qui prendront bientôt leur retraite. Par ailleurs, l'OFIT, qui compte 1100 équivalents plein temps, continuera de mettre au concours ses postes vacants.

Il retiendra en priorité les candidatures internes des personnes le poste est supprimé si elles disposent des qualifications requises. Au regard du profil actuel de postes vacants, cela ne sera cependant pas possible dans tous les cas, précise-t-il.

Gauche et syndicats contestent

Les syndicats soulignent la contradiction de la décision. D'un côté, au nom de la nouvelle gestion publique, les offices fédéraux sont censés travailler avec des enveloppes budgétaires globales et engager les ressources avec un maximum d'efficience. D'un autre, le Parlement intervient dans le fonctionnement des offices via le budget du personnel et entame ainsi leur autonomie.

Mais le comble, pour l'APC, est que certains des domaines qui doivent être externalisés ont été internalisés il n'y a pas si longtemps à la demande pressante du Parlement. Et transfair de renchérir: les seules internalisations prévues dans l'estimation 2017 entraînent des économies de près d'un million de francs.

Au lieu de continuer à former le personnel de la Confédération, on le met au rebut pour confier le travail à des experts extérieurs payés au prix fort, ajoute transfair dans son communiqué. Le tout ressemble à un perpetuum mobile absurde et générateur de coûts, dont le seul but semble être de donner à la majorité au Parlement le sentiment d'avoir fait quelque chose, critique le syndicat.

Quant au Parti socialiste, il revient sur les différentes affaires informatiques de la Confédération. Après un certain nombre de débâcles, les compétences en informatique au sein de l'administration fédérale devraient être au contraire valorisées, dans le but de faire face aux défis à venir et de réduire la dépendance du domaine public envers des prestataires externes, écrit le PS, qui met lui aussi le doigt sur la politique financière confuse du conseiller fédéral Ueli Maurer.