Construction: Les syndicats bloquent les sites de Walo menacé de fermer à Genève

Les employés de la succursale genevoise de Walo Bertschinger ne sont pas satisfaits du plan social lié à la fermeture probable de leur site. Alors que la direction estime possible de les reclasser, les syndicats ont bloqué vendredi les chantiers du groupe zurichois.

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Les travailleurs demandent un meilleur plan social et notamment un mois de salaire par année d'ancienneté. Photo: Walo

(ats) Le délai de consultation avait été prolongé d'une semaine et devait arriver à échéance vendredi à midi. Après avoir proposé un mois de salaire par employé, la direction a lancé jeudi un nouveau plan, ont indiqué devant la presse, près de l'un des chantiers, les syndicats Unia, Syna et Syndicat interprofessionnel des travailleurs (SIT).

Mais il n'apporterait de meilleures conditions qu'à 15 travailleurs. Huit obtiendraient un mois de salaire supplémentaire et sept recevraient trois mois de plus.

Les travailleurs demandent un meilleur plan social et notamment un mois de salaire par année d'ancienneté. Une rencontre était prévue lundi avec la direction. Si elle n'accepte pas de rouvrir les discussions, des mesures "plus dures" sont attendues. Comme un débrayage formel ou une grève.

Autre réunion attendue

"On n'est pas d'accord sur le plan social. Mais les discussions ont lieu sereinement et continuent", a indiqué à l'ats le directeur de la succursale de Satigny (GE) Philippe Zimmer. Il dit avoir été contacté par de nombreuses entreprises genevoises. Il propose une "Bourse de l'emploi" qui mettrait en lien le groupe de construction Walo, ces sociétés, l'Office cantonal de l'emploi, les syndicats et les travailleurs.

Ce dispositif doit être discuté dès lundi. "L'objectif est de sauver tous les emplois. Cela me semble possible", dit M. Zimmer. Pour le moment, il n'affirme pas encore que le site ferme, étant donné que les licenciements n'ont pas été prononcés, mais que ce scénario "est fortement envisagé".

L'entreprise a proposé aussi à 12 personnes d'être déplacées dans le canton de Vaud. Le siège de la filiale romande de Walo est établi à Eclépens (VD). Une mesure pour diviser les employés, rétorquent les travailleurs. Mais M. Zimmer veut continuer à discuter de cette possibilité avec eux.

"Inadmissible"

L'entreprise est active sur environ sept chantiers dans le canton de Genève. Dans les faits, celui où avait lieu la conférence de presse fonctionnait avec quelques employés d'autres entreprises.

Parmi les personnes touchées chez Walo, 16 ont plus de 50 ans. "Il n'y a pas de protection suffisante" pour ces travailleurs, a indiqué un syndicaliste d'Unia. Leur droit à une préretraite est menacé et ils ne retrouvent que quelques missions occasionnelles.

Le syndicaliste fait remarquer que Walo, l'un trois principaux groupes de la branche, est l'une des parties avec lesquelles les discussions de la Convention collective de travail (CCT) nationale ont lieu. Autre reproche, les employés de Walo avaient accepté il y a quelques années de faire des heures supplémentaires sans contrepartie.

L'attitude actuelle de la direction est "inadmissible", affirme aussi un membre du SIT. "On méritait plus que ça", a estimé l'un des travailleurs concernés qui affiche près de 40 ans d'ancienneté chez Walo.

Plus de 2000 employés

Six personnes avaient déjà été licenciées en fin d'année dernière et "aucune n'a trouvé un travail fixe", déplore Syna. Parmi les dizaines de travailleurs de plus de 50 ans congédiés en 2016 dans le canton de Genève, une cellule de 25 personnes a été établie. Aucun n'a été reclassé, selon un représentant d'Unia.

L'entreprise justifie cette restructuration par des pertes sur trois ou quatre ans constatées pour cette succursale, dont 6 millions de francs en 2016 pour un chiffre d'affaires de 12 millions. La conjoncture a notamment été rendue difficile par les prix très bas dans la branche.

M. Zimmer, détaché depuis la succursale de Berne, va retrouver son poste. Aucune autre région en Suisse n'est concernée par la mesure de l'entreprise. Au total, le groupe emploie près de 2500 collaborateurs sur une vingtaine de sites.