La pénurie d'ingénieurs formés en Suisse se poursuit

La Suisse continue de souffrir d'une pénurie d'ingénieurs formés dans le pays. D'une part, leurs effectifs sont trop faibles pour satisfaire la demande et d'autre part, les employeurs tendent aussi parfois à faire la fine bouche.

Ingenieur_abb2.jpg

La demande en ingénieurs s'est considérablement accrue ces dernières années: la part de ces spécialistes parmi les actifs étant passée de 1,4 à 2,6% entre 2000 et 2014. Photo: ABB

(ats) Selon une étude réalisée par economiesuisse et l'association des ingénieurs Swiss Engineering, neuf dirigeants sur dix en charge d'engager des ingénieurs jugent leur quête pour le moins difficile. Réalisé l'an dernier, l'enquête a été effectuée auprès de 3300 ingénieurs, dont près d'un tiers exercent de fonctions dirigeantes.

Et parmi ces derniers, 28% indiquent souhaiter n'engager que des candidats correspondant entièrement au profil recherché. Ils sont néanmoins un cinquième à admettre ne pas pouvoir offrir mieux par rapport à des qualifications jugées parfois trop hautes. Le problème touche de manière accrue l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM).

Une situation qui ne surprend guère, la branche MEM étant souvent très fortement exportatrice. Nombre d'entreprises de ce secteur ont souffert de la vigueur du franc et de l'affaiblissement de la conjoncture en Europe, selon l'étude.

Manque de compétences sociales

Certaines se trouvent encore en phase de restructuration et font de ce fait face à des difficultés lorsqu'il s'agit d'engager des collaborateurs, a indiqué devant la presse à Zurich Rudolf Minsch, le chef économiste d'economiesuisse. L'écart entre les exigences d'un poste et les qualifications des candidats est parfois considérable.

L'étude met en avant des manques en matière de compétences sociales et de formation continue. De manière générale, la pénurie reflète une relève indigène insuffisante, même si les jeunes sont à nouveau plus nombreux à choisir les filières d'ingénieurs en Suisse. Mais cela ne suffit pas à occuper les nombreux postes vacants.

La demande en ingénieurs s'est considérablement accrue ces dernières années: la part de ces spécialistes parmi les actifs étant passée de 1,4 à 2,6% entre 2000 et 2014. D'autant plus que les entreprises en recrutent de plus en plus pour des fonctions d'encadrement.

Dans le cadre de l'enquête, près d'un quart des sondés ont par ailleurs mentionné des salaires insuffisants. Alors que le salaire médian des ingénieurs se chiffre à 117'000 francs par an, ceux des juristes ou des médecins, des postes à responsabilités exigeant une formation universitaire, sont plus élevés. Selon Swiss Engineering, 150'000 francs annuels représenterait une rémunération jugée équilibrée.