Les salaires réels ont reculé l'an dernier

Grignotés par une inflation plus importante qu'initialement estimée, les salaires réels ont reculé de 0,1% en 2017 par rapport à 2016, enregistrant leur première baisse depuis 2008. Les salaires nominaux ont pourtant augmenté en moyenne de 0,4% sur un an.

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Comparé aux années précédentes, le développement des salaires des managers a été un peu plus modeste en 2017. Photo: Keystone

(awp sda) L'augmentation nominale, soit hors progression de l'inflation, "vient confirmer une tendance à la modération salariale observée depuis 2010 avec des taux ne dépassant pas +1,0%", indique l'Office fédéral de la statistique (OFS) dans un communiqué. En 2015 et 2016, la hausse avait, par exemple, respectivement atteint 0,4% et 0,7%. L'indice correspondant s'est établi pour 2017 à 101,1 points (base 2015 = 100).

"Les décisions en matière de revalorisation salariale pour l'année 2017 ont été prises en général à fin 2016, alors que l'économie suisse avait retrouvé un certain dynamisme", observe l'institution basée à Neuchâtel. Mais l'inflation, estimée à cette période à +0,3% pour 2017, s'est finalement élevée pour atteindre +0,5%. Le pouvoir d'achat a ainsi légèrement reculé à -0,1%. L'indice des salaires réels a atteint 101 points en 2017 (base 2015 = 100).

Plus fortes hausses dans l'industrie

Par secteur, les salaires nominaux ont globalement augmenté de 0,4% dans le secondaire, comme en 2016. Les employés des industries du bois, du papier et de l'imprimerie (+1,3%) ont été les plus chanceux. Suivent les autres industries manufacturières, la réparation et l'installation (+1%) ainsi que la fabrication d'équipements électriques, électroniques, de précision et l'horlogerie (+0,8%).

A l'inverse, deux branches ont subi une baisse de leurs salaires nominaux. Il s'agit de la métallurgie et la fabrication de produits métalliques (-0,2%), ainsi que des industries du caoutchouc, plastiques et autres produits minéraux non métalliques (-0,3%).

Le mouvement de hausse a été en moyenne de même ampleur dans le secteur tertiaire (+0,4%), où aucune branche n'a subi de recul. L'édition, l'audiovisuel, la diffusion et les télécommunications (+1,2%), les activités informatiques et services d'information (+0,8%) ainsi que les assurances (+0,7%) ont bénéficié des progressions les plus fortes.

Hausse réelle de 0,9% entre 2013 et 2017

L'évolution du salaire réel a également été similaire dans les secteurs secondaire et tertiaire, de -0,1%. La majorité des branches ont subi une baisse de leur salaires réels dans une fourchette de -0,1% à -0,8%.

Tirant le bilan des cinq dernières années, l'OFS observe que, de 2013 à 2017, le rythme annuel moyen de progression des salaires réels a globalement été de 0,9%. Pour les hommes, la hausse a atteint 0,8%, contre 0,9% pour les femmes.

Dans le secondaire, l'évolution quinquennale atteint +0,8%. Les branches à moyenne et haute technologie, par ailleurs les grandes exportatrices du secteur, ont eu le plus fort impact. On peut notamment souligner le rôle moteur de la fabrication d'équipements électriques, électroniques, de précision et l'horlogerie, ainsi que de l'industrie chimique et pharmaceutique (+1,2% chacune).

Dans le tertiaire, la croissance a atteint +0,9% sur la même période, marquée par l'évolution des services financiers (+1,3%), ainsi que des activités informatiques et de services d'information ou encore des arts, spectacles et activités récréatives (+1,1% chacun)