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C’est prouvé: l’intelligence collective existe

«On est plus intelligent à plusieurs que tout seul». Combien de fois cette phrase est-elle prononcée, tant dans le contexte privé que professionnel? Et pourtant, la véracité de ces propos n’est pas si évidente.

Travailler à plusieurs est difficile parce que la communication humaine est truffée d’obstacles liés à notre système perceptif (biais de perception), à notre manière de traiter l’information (biais cognitifs) ainsi qu’à notre manière d’exprimer nos opinions, idées et sentiments. De plus, la composition du groupe n’est pas toujours optimale: personnes pas intéressées, personnes trop intéressées; personnes envahissantes, personnes trop renfermées.

L’intelligence individuelle, dite intelligence générale, est définie comme la capacité à effectuer avec succès une série de tâches dites cognitives comme du brainstorming, du raisonnement moral, de la planification, de la résolution de problèmes, etc. Ce qui est intéressant, c’est que cette capacité, mesurée par le QI (quotient intellectuel), est la première raison qui fait qu’une personne qui peut résoudre un certain type de tâches cognitives possède également la capacité de résoudre bien d’autres tâches cognitives: si je suis bon en résolution de problèmes, je suis également bon en planification.

Serait-il ainsi possible que le groupe bénéficie d’une sorte d’intelligence collective qui lui permettrait de résoudre toute une série de tâches cognitives avec succès mais qui ne dépendrait pas du type de tâche? La réponse est oui. Des chercheurs étasuniens ont testé cette hypothèse avec succès: l’intelligence collective existe.

De quoi dépend cette intelligence collective? De la moyenne des intelligences du groupe? De la plus haute intelligence dans le groupe? De la cohésion du groupe? De sa motivation? Non. L’intelligence collective dépend bien sûr de l’intelligence individuelle des membres du groupe, mais aussi de leur sensibilité sociale ainsi que d’un temps de parole équitable entre tous.

La sensibilité sociale recouvre la capacité à percevoir (et prendre en compte) chez les autres les signes émotionnels émis. Elle est mesurée avec des valeurs plus élevées chez les femmes que chez les hommes. Un temps de parole régulé assure que les différents points de vue, idées et ressentis soient exprimés et pris en compte; c’est l’idée de la diversité des opinions non seulement comme source de créativité mais aussi comme source d’intelligence collective.


Conseils d'application

Favorisez l’intelligence collective au moyen de règles de fonctionnement claires:

  • Lors d’un tour de table, demandez au préalable aux participants d’écrire leur avis afin d’éviter les «moi aussi» qui appauvrissent les conversations.
  • Insistez pour que chacun amène sa pierre à l’édifice – toute contribution, aussi petite peut-elle paraître, peut changer le cours des évènements.

Développez chez vos collaborateurs l’écoute active et la régulation émotionnelle:

  • LEAD: Listen – Explore – Assess – Decide! L’étape critique est la seconde: demandez que les participants remplacent l’instinct de jugement par celui de curiosité («Si vous jugez, investiguez», disait Sénèque).
  • Poussez vos participants à exprimer leurs ressentis, par exemple en début de réunion, au moyen d’un adjectif («je me sens… »), d’un dessin sur un flip chart ou d’un mot-clé; faites de cette pratique un rituel.


 

 

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Vincent Musolino est le fondateur de COAPTA Sàrl. Fondée en 2015, cette société active dans le développement des organisations et du leadership travaille avec des entreprises et des institutions dans le cadre d’interventions de consulting, de coaching et de formation. Le parcours de Vincent Musolino l’a conduit à une thèse de doctorat en physique, des expériences managériales en Suisse et à l’étranger, un brevet fédéral de formateur d’adultes, ainsi que deux certifications en coaching.

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