Temps partiel

Trois cas d’école qui intègrent le temps partiel dans leur modèle

Le temps partiel répond à plusieurs attentes, autant du côté des individus que  des entreprises. Voici trois exemples qui illustrent cette diversité.

RBS

RBS (pour Regionalverkehr Bern-Solothurn) est une entreprise ferroviaire privée qui gère un réseau de 56 km entre Berne et Soleure, en passant par Zollikofen. L’entreprise opère également une ligne de tram. RBS emploie 420 collaborateurs, dont à peu près la moitié sont des chauffeurs ou des conducteurs de trains. Depuis quelques années, le nombre de collaborateurs à temps partiel augmente. Environ 25% du personnel travaille à temps partiel, et 20% du personnel roulant. Pascal Spycher est le DRH. Il explique : «Nous constatons que de plus en plus d’hommes veulent travailler à 80%, particulièrement chez nos chauffeurs. C’est un moyen de réduire le stress de l’activité. Nous constatons aussi une demande toujours plus forte de temps partiel de la part des jeunes chauffeurs. Ceux-ci cherchent un meilleur équilibre entre le salaire et les autres aspects de leur vie privée.» RBS a par contre dû cadrer cette pratique avec quelques règles. «Nous n’acceptons pas de temps partiel en-dessous de 50%, pour des raisons de sécurité et de formation notamment. Nous avons aussi constaté que pour  tout le personnel administratif, la baisse du temps de travail n’était parfois pas compensée par des mesures organisationnelles. Cela a parfois pu causer un stress supplémentaire. Avant de réduire un temps de travail, nous exigeons désormais de réduire le cahier des charges, de désigner des remplaçants et d’organiser le travail différemment.» Il ajoute que la communication doit être soignée afin de ne pas nuire à la productivité et aux flux des procédures notamment.

Chiefs on Demand

Créé en 2015 par Philippe Thevenot (lire aussi son interview en p. 20), la plateforme ChiefsOnDemand.com s’adresse aux PME romandes pour leur proposer les services de membres de direction à un taux d’occupation flexible (en Time sharing). Selon Philippe Thevenot, «la valeur ajoutée d’un directeur (par exemple financier, IT, opérations ou marketing par exemple) dans une petite structure dépasse rarement un 30%. Notre modèle permet donc à de petites et moyennes entreprises de faire appel à des profils hautement qualifiés à la demande.» Pour les managers envoyés en mission, cela permet de dégager du temps pour d’autres engagements et assure une diversité de leur activité professionnelle. Comment différencier un directeur en «Time sharing» d’un consultant externe? «Par définition, l’intervenant externe a un devoir de moyens. Alors que nous avons un devoir de résultats. Par ailleurs, quand vous engagez un consultant, il est un preneur d’ordre. Alors que nos directeurs sont des donneurs d’ordre. C’est fondamentalement différent», répond Philippe Thevenot. Il poursuit: «De plus, nous visons des rapports de travail de longue durée, mais à temps flexible, selon les besoins et les évolutions du marché.» Pour garantir la qualité des profils, leur capacité de travailler avec les ressources d’une PME et la vision du long terme en temps partagé, ChiefsOnDemand a mis en place un processus de certification en amont. «Ce processus inclut un Onboarding, des entretiens individuels et des ateliers», note Philippe Thevenot. A ce jour, la plateforme propose plus de 80 directeurs certifiés.

neonomia

Fondée en 2016 à Genève, neonomia est une coopérative d’entrepreneur-e-s salarié-e-s «travaillant dans l’économie sociale et solidaire», indique leur site web (www.neonomia.ch). A l’origine, cette coopérative a été créée pour «répondre au statut précaire de l’indépendant en Suisse», explique Yann Bernardinelli, co-fondateur et entrepreneur-salarié à temps plein. A ce jour, la coopérative emploie une vingtaine de coopérateurs, sur un modèle novateur de travail réunissant liberté d’entreprendre et salariat. En clair, chaque entrepreneur est responsable de trouver ses mandats et de générer son chiffre d’affaires. La coopérative assure le paiement du salaire et les aspects administratifs. «Ce modèle permet aux personnes intéressées de tenter leur chance dans l’entrepreneuriat tout en assurant une certaine sécurité», note Yann Bernardinelli. Une grande partie des sociétaires cumulent une activité à temps partiel avec leur projet entrepreneurial. Yann Bernardinelli: «Ce modèle est suffisamment flexible pour que l’on puisse cumuler des activités différentes à temps partiel, comme enseigner la comptabilité en tant qu’employé d’une école et avoir une activité de comptable en tant qu’entrepreneur». Dans l’équipe, il y a des graphistes, des rédacteurs ou des professionnels de l’éco-tourisme notamment. Yann Bernardinelli: «Nous veillons à avoir des profils complémentaires et diversifiés afin d’étoffer nos compétences propres et de répondre à des appels d’offre plus conséquents.» L’autre avantage du collectif est de pouvoir mutualiser les frais d’assurance, les frais de locaux et de communication.

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Marc Benninger est le rédacteur en chef de la version française de HR Today depuis 2006.

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