Glattbrugg ZH/Chéserex VD (ats) L'amortissement a été rendu nécessaire au vu de perspectives conjoncturelles plus faibles pour certains marchés ainsi que des changements d'ordre législatif - adoptés et à venir - en Allemagne, explique le groupe établi à Chéserex (VD) et piloté depuis Glattbrugg, en banlieue zurichoise.
Sur le total de 740 millions d'euros (799,5 millions de francs), 648 millions concernent la région Allemagne/Autriche, 82 millions l'Australie et 10 millions l'Inde.
L'amortissement de survaleur n'a toutefois aucun impact sur les liquidités de l'entreprise et la politique en matière de dividendes, ajoute Adecco. L'opération comptable a aussi entraîné le groupe dans le rouge au niveau opérationnel, avec une perte d'exploitation avant intérêts et impôts (EBIT) de 425 millions d'euros, contre un montant positif à hauteur de 266 millions entre juillet et fin septembre 2014.
Côté revenus, Adecco a enregistré une évolution nettement plus favorable, avec un chiffre d'affaires de 5,67 milliards d'euros, soit 9% de plus qu'une année auparavant. La croissance organique est ressortie à 4%, alors que le spécialiste de l'intérim a bénéficié d'effets de change favorable à hauteur de 5%.
Mauvaise surprise
Inattendue, la performance s'est révélée inférieure aux attentes des analystes en matière de recettes et de bénéfice. Interrogés par l'agence financière awp, les experts tablaient sur un chiffre d'affaires moyen de 5,75 milliards d'euros et un résultat net de 227 millions d'euros.
Et à la Bourse suisse, les investisseurs ont lourdement sanctionné la performance, quand bien même celles des concurrents Randstad et Manpower avaient déjà donné le ton. Vers 15h20, l'action Adecco dégringolait de plus de 10% à 66,30 francs, dans un marché des valeurs vedettes dont l'indice Swiss Market Index gagnait lui 0,75%.
Cité dans le communiqué, le nouveau directeur général d'Adecco, Alain Dehaze, lequel a succédé début septembre à Patrick De Maeseneire, s'est félicité d'une "nouvelle excellente performance opérationnelle". Le Belge a notamment mis en exergue la "très bonne" croissance affichée en Europe du Sud, au Benelux et sur les marchés émergents.
Adecco a cependant dû se contenter d'une expansion plus modérée sur ses grands marchés d'Europe de l'Ouest, aux Etats-Unis et au Japon. En France, les honoraires encaissés par le groupe, lesquels représentent pas loin du quart (22%) de l'ensemble des recettes, ont augmenté de 1% à 1,26 milliard d'euros.
Repli en Suisse et en Scandinavie
En Amérique du Nord, le chiffre d'affaires a également progressé de 1% à 1,19 milliard d'euros, alors qu'il est resté stable en Grande-Bretagne et en Irlande à 586 millions. La plus forte croissance est à mettre au compte de l'Italie, avec des recettes s'envolant de 18% à 330 millions d'euros, suivie du Benelux (+13% à 296 millions) et de la péninsule ibérique (+13% à 236 millions).
En Suisse, le chiffre d'affaires s'est tassé de 3% à 130 millions d'euros. Considérés dans leur ensemble, les marchés émergents ont vu leurs revenus bondir de 16% à 565 millions. Les pays scandinaves ont eux affiché la plus forte contraction, les recettes d'Adecco y plongeant de 11% à 176 millions, en raison de conditions difficiles en Norvège.
Evoquant la suite de l'exercice, la direction générale du groupe se montre désormais un peu moins optimiste que par le passé. Alors que la marge d'exploitation avant intérêts, impôts et amortissements (EBITA) s'est fixée à 5,8%, celle-ci n'est plus qu'attendue à 5,2% pour l'ensemble de l'année, contre 5,5% jusqu'alors.
Pour 2016, Adecco anticipe une poursuite de la tendance de l'année en cours pour ses principaux marchés. La marge EBITA devrait ainsi se situer à un niveau correspondant à celui de l'exercice en cours. Le groupe fournira de plus amples détails sur sa stratégie à l'occasion de sa journée des investisseurs prévue en janvier prochain.