Adecco maintient son modeste élan au 3e trimestre

Adecco continue sur sa lancée, bien que modeste. Le numéro un mondial du travail temporaire a dégagé un bénéfice net distribuable aux actionnaires de 173 millions d'euros (186,8 millions de francs) au 3e trimestre 2016, contre une perte de 513 millions un an plus tôt. Le groupe reste prudent quant à l'avenir.

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Zurich (ats) Le chiffre d'affaires pour la période de juillet à septembre a gagné 2%, à 5,8 milliards d'euros, a indiqué Adecco. La croissance organique s'inscrit elle à 3%. Les acquisitions ont contribué à hauteur de 1% à la progression des recettes. Sur neuf mois, les ventes cumulées atteignent 16,8 milliards.

La direction du groupe se félicite d'avoir livré à nouveau ce qu'elle juge "une bonne performance". "Notre discipline des coûts se poursuit et nous avons amélioré la productivité sous-jacente", estime le directeur général d'Adecco, Alain Dehaze, cité dans le communiqué.

Coûts de restructuration

Au niveau opérationnel, le résultat d'exploitation au 3e trimestre se monte à 285 millions d'euros. Avant intérêts, impôts et amortissements (EBITA), il s'est contracté de 10% à 294 millions et la marge afférente s'est inscrite à 5,1%.

A la même période en 2015, la rentabilité avait été grevée par un amortissement de survaleur, sur ses activités en Allemagne et en Autriche notamment, totalisant 740 millions. Conséquence de quoi, Adecco avait plongé dans le rouge.

A l'époque, les perspectives conjoncturelles plus faibles ont contraint le groupe domicilié à Chéserex (VD) à mettre en oeuvre des mesures d'optimisation. Résultat, le 3e trimestre 2016 comptabilise des frais de restructuration à hauteur de 23 millions d'euros, sur les activités en Amérique du Nord, en Allemagne et en Australie.

A la Bourse suisse, le titre Adecco a ouvert en baisse après la publication des chiffres, avant de rebondir. Si les recettes ressortent quasi conforme au consensus de l'agence awp, le bénéfice net s'avère légèrement en deçà.

Recul en Suisse

Dans le détail des segments, la croissance organique au trimestre sous revue s'inscrit à 3% dans le placement général et à 4% dans le secteur professionnel. Pour l'activité de placement fixe, les recettes ont grimpé de 5% sur un an à 117 millions d'euros. Elles se sont étoffées de 8% à 92 millions d'euros dans les services de transition de carrière.

En France, principal marché, le spécialiste mondial en personnel temporaire a engrangé 1,3 milliard d'euros pour la période de juillet à septembre. Là aussi, la progression annuelle, en termes organiques, est de 3%, portée par le secteur de la construction, de la logistique et de l'automobile.

Mais son deuxième débouché, l'Amérique du Nord, a connu un léger déclin de 1% à 1,17 milliard d'euros, avec une nette baisse dans l'industrie. En Allemagne et en Autriche, les revenus ont fléchi de 2%, en difficulté dans la branche automobile. En Suisse, ils ont diminué de 3%, grevés par les secteurs d'exportation et médical.

Avenir incertain

Toutes les autres régions s'affichent en progrès. Au Royaume-Uni et en Irlande (+4%), l'effet post-Brexit s'est traduit par une baisse de la demande en placement fixe, concentrée sur le secteur financier à Londres, a expliqué Alain Dehaze en conférence téléphonique. Un reflux neutralisé par le gain de nouveaux clients le trimestre précédent.

Au Japon, les recettes ont pris 2%. Si les affaires ont baissé au Benelux (-2%), elles ont été compensées par la performance des pays scandinaves (+8%). L'Italie (+13%) et la Péninsule ibérique (+8%) affichent les plus fortes dynamiques sur le Vieux-Continent.

Quant au reste du monde, l'Australie et l'Amérique latine progressent (+9% chacune) sur fond de réorganisation. En Europe de l'Est, la progression atteint 10%, en dépit des désinvestissements en Russie et en Ukraine au cours du trimestre.

Concernant les perspectives pour l'ensemble de l'exercice, le groupe annonce une croissance de 4% pour septembre, et semblable pour octobre à l'aune des volumes. Malgré cette modeste amélioration, l'avenir demeure incertain mais la direction maintient ses objectifs. A moyen et long terme, Adecco vise une marge d'exploitation (EBITA) de 4,5-5% en moyenne.