Paris (ats/afp) Le premier syndicat de pilotes d'Air France, le SNPL AF Alpa, a qualifié cette annonce d'"écran de fumée" qui "ne résout aucun problème. Il a dénoncé une "ultime provocation" du patron du groupe Air France-KLM Alexandre de Juniac.
Dans un entretien au quotidien "Le Monde", M. de Juniac a présenté la suspension "jusqu'à la fin de l'année du projet de création de filiales de Transavia en Europe, hors France et Pays-Bas" comme une "ultime proposition" pour mettre fin à une grève "infondée".
"Le pompier pyromane avait misé sur une baisse de la mobilisation après les huit premiers jours. Or les déclarations de grève ne faiblissent pas. Il tente désormais d'éteindre l'incendie en soufflant sur les braises", a dénoncé le SNPL.
Pertes de 20 millions d'euros
Cette grève, qui est la plus longue depuis 1998, provoque selon la direction "des pertes d'exploitation pouvant aller jusqu'à 20 millions d'euros par jour".
La compagnie avait prévu une légère amélioration de la situation mardi, avec 48% des vols qui devaient pouvoir être assurés, contre seulement 42% lundi. Elle tablait aussi sur une mobilisation en décrue des grévistes, à 57% contre plus des deux tiers lundi.
Samedi, le SNPL avait annoncé la reconduction du mouvement jusqu'au vendredi 26, sans exclure d'aller au-delà si la "situation de blocage" persiste. Un autre préavis du deuxième syndicat de pilotes, le Spaf, court jusqu'à mercredi.
Projet à négocier
Perçu par les pilotes comme la porte ouverte à une "délocalisation" de l'emploi français, le déploiement de Transavia devrait faire l'objet avant la fin de l'année, selon la nouvelle proposition de la direction, d'une négociation avec toutes les catégories de salariés. Le groupe AF-KLM, qui augmenter la flotte de Transavia France de 14 à 37 avions, a affiché sa volonté d'ouvrir de nouvelles bases Transavia en Europe dès 2015, avec des pilotes sous contrats locaux.
Le gouvernement français a multiplié ces derniers jours ses appels à la fin du conflit. "Clairement aujourd'hui, il faut que le travail reprenne", a martelé lundi le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, à la radio Europe 1.
Son homologue chargé des Transports, Alain Vidalies, avait réclamé la veille "un compromis" entre direction et syndicats. Dès la semaine passée, le Premier ministre Manuel Valls avait appelé en vain les pilotes à "arrêter" leur grève, selon lui "pas comprise".
Air France a réitéré ses excuses à ses clients, disant dans une lettre partager leur "frustration" et "mécontentement". Elle conseille à ses clients ayant réservé un vol jusqu'au 26 septembre de "reporter leur voyage, ou changer leur billet sans frais".