08.06.2021

Embellie en vue sur le marché du travail selon Raiffeisen

Les économistes de Raiffeisen Suisse prévoient une détente significative sur le marché du travail. Ils tablent sur une baisse du taux de chômage de 3,2% à 2,9% cette année déjà.

L'économie suisse a remis le cap sur la croissance au 2e trimestre 2021. Les économistes de Raiffeisen Suisse sont optimistes quant à l'évolution future et prévoient notamment une détente significative sur le marché du travail. Ils tablent sur une baisse du taux de chômage de 3,2% à 2,9% en 2021 déjà, indique un communiqué. Ils anticipent un taux de chômage de 2,5% pour l'année prochaine. Entre-temps, les PME ont également retrouvé la croissance. Le 1er juin, l'indice Raiffeisen des directeurs d'achat pour les PME (PME PMI) est enfin reparti à la hausse.

Le redressement de l'économie suisse a une nouvelle fois été interrompu au premier trimestre. La première estimation du PIB par le SECO indiquait une baisse trimestrielle de -0,5%. Le deuxième confinement a cependant causé beaucoup moins de dégâts qu'au printemps dernier. Durant la deuxième vague, les restrictions pour l'économie ont été moins rigoureuses et il y a eu plus d'exceptions. Les entreprises étaient en outre mieux préparées. Pour finir, la hauteur de chute a aussi été plus faible qu'au début de l'année dernière.

Les PME rattrapent leur retard

Martin Neff, chef économiste de Raiffeisen Suisse, estime que la production industrielle n'a guère souffert du deuxième confinement. La situation chez les fabricants a continué de se détendre considérablement au premier trimestre. Jusqu'à présent, la reprise était principalement le fait des grandes entreprises, tandis que les PME accusaient encore un retard significatif. Mais leur moral a récemment connu une nette embellie, comme le montre l'indice PME PMI de Raiffeisen, qui a atteint une valeur record à la fin mai 2021. Globalement, la création de valeur dans l'industrie manufacturière a dépassé son niveau d'avant la crise au premier trimestre déjà. Ce n'était en revanche pas du tout le cas dans la restauration et dans d'autres secteurs des loisirs. La restauration a plongé à un niveau inférieur de près de 60% à celui d'avant la crise. Le commerce de détail a également subi un revers passager à cause de la fermeture des magasins pendant six semaines.

Effets de rattrapage

Depuis mars, les ventes du commerce de détail ont comblé une grande partie de leur retard. L'évolution favorable des nouvelles infections permet en outre une réouverture plus rapide de l'économie, ce qui accélère également la reprise dans d'autres secteurs de services concernés. Les derniers chiffres du PIB dressent donc clairement un tableau du passé. Entre-temps, l'économie a retrouvé une forte croissance. La reprise étant relativement avancée dans des secteurs importants en Suisse et l'effondrement n'ayant pas été aussi prononcé que dans la plupart des pays voisins, le potentiel de rattrapage à venir devrait cependant être moindre, notamment à cause de la relance du tourisme d'achat et de vacances.

Les économistes de Raiffeisen jugent par conséquent inutile l'ajustement de la prévision de croissance du PIB et tablent toujours sur une progression de 2,8% pour 2021, après la baisse de -2,6% l'année précédente. Le fléchissement conjoncturel passager en début d'année n'a pas inversé la reprise sur le marché du travail, raison pour laquelle la prévision de taux de chômage est révisée à la baisse. La réduction de l'horaire de travail qui s'était temporairement amplifiée recule de nouveau. Depuis la fin de l'année dernière, le chômage est constamment et sensiblement orienté à la baisse. Selon l'étude des économistes de Raiffeisen Suisse, la poussée différée et redoutée du chômage ne semble pas se produire et les entreprises entendent créer de nombreux emplois dans les mois à venir.