Genève (ats) Par rapport au pic de la crise en 2009, le nombre de jeunes chômeurs a diminué de 3,3 millions. Le taux de chômage des 15 à 24 ans n'a cependant pas encore retrouvé son niveau d'avant la crise (11,7% en 2007)
"La transition des jeunes vers la vie active n'est pas facile et avec le ralentissement de la croissance économique mondiale, cela devrait continuer", a affirmé la directrice du département des politiques de l'emploi de l'OIT Azita Berar Awad, en présentant à Genève le rapport sur les tendances mondiales de l'emploi des jeunes.
L'organisation prévoit un taux de 13,1% pour 2016, avec une détérioration dans certains pays émergents comme le Brésil et la Chine ainsi qu'en Europe de l'Est, dans la Communauté des Etats indépendants (CEI, Russie, Ukraine) et au Moyen-Orient.
Les filles sont plus exposées que les garçons avec un taux de chômage de 13,6% contre 12,6%.
En recul dans les pays industrialisés
Le chômage des jeunes dans les pays industrialisés a commencé à reculer. Il a passé de 18% à 16,6% entre 2012 et 2014. Selon l'OIT, cette tendance va se poursuivre, avec un taux de 15,1% projeté en 2019.
Toutefois, dans les deux tiers des pays européens, le taux de chômage des jeunes dépasse encore 20%. En Espagne et en Grèce, il reste au-dessus des 50% et il atteint 42,7% en Italie. A l'opposé, la Suisse, avec la Norvège, les Pays- Bas et le Danemark, connaît l'un des plus bas taux de chômage des jeunes au monde (3,7%).
Le taux des jeunes ni employés, ni scolarisés, ni en formation a commencé à baisser dans les 28 pays de l'Union européenne (UE) depuis le pic de 2012 (13,1%) pour retomber à 12,4% en 2014. Mais dans l'UE, plus d'un jeune chômeur sur trois recherche un travail depuis plus d'un an, en progression depuis 2012 (35,5% contre 32,6%).
Temps partiel
Un cinquième des jeunes ayant un emploi dans les pays de l'OCDE travaille moins de 30 heures par semaine (temps partiel). L'OIT constate aussi une tendance à la hausse du travail temporaire des jeunes dans les pays européens.
Les taux de chômage des jeunes sont les plus élevés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (28,2% et 30,5% respectivement) et les plus faibles en Asie du sud et Asie de l'est (9,9% et 10,6%). Ils atteignent 13,4% en Amérique latine, 17,2% dans la CEI, 11,6% en Afrique subsaharienne.
Facteur positif
L'OIT considère comme un facteur positif que la proportion mondiale des jeunes dans la main-d'oeuvre totale diminue au fil du temps. L'une des raisons est que davantage de jeunes font des études et cela plus longtemps, a affirmé Sara Elder, principale auteure du rapport.
Entre 1991 et 2014, la population des jeunes de 15 à 24 ans a augmenté de 185 millions dans le monde. Au cours du même laps de temps, la participation des jeunes au marché du travail a diminué de 11,7%, soit de 59% à 47,3%. Malgré ces progrès dans la scolarisation, des millions de jeunes dans les pays à bas revenus continuent de quitter l'école précocement pour trouver un travail, déplore l'OIT.