Zurich/Genève (ats) Il s'agit du résultat le plus faible enregistré en Suisse depuis le lancement de l'étude sur la pénurie de talents en 2006. Sur un an, le taux est en recul drastique de 21 points, indique Manpower, à l'origine de l'enquête. En 2015, 41% des employeurs ne parvenaient pas à pourvoir les postes vacants.
Près de sept employeurs sur dix (67%) ont choisi d'offrir à leur personnel des possibilités d'augmenter leurs compétences grâce à des formations et du perfectionnement professionnel, explique Herbert Beuchat, directeur général ad interim de Manpower Suisse, cité dans le communiqué. Ils n'étaient que 32% à considérer cette pratique en 2015.
Cette démarche est importante, selon M. Beuchat. Elle "permet aux employés d'accroître leur capacité d'adaptation et leur employabilité et, aux employeurs de fidéliser leurs collaborateurs". En 2016, ils ne sont que 16% à ne mettre en oeuvre aucune stratégie pour surmonter la pénurie de talents, contre 43% en 2015.
Manque de compétences
Comme en 2015, les employeurs déplorent le manque de compétences techniques ou spécialisées, notamment en informatique ou en langues. Si un employeur sur deux relevait cet obstacle l'année dernière, ils ne sont plus que 28% en 2016.
Un quart des entreprises ont noté le manque de candidats disponibles (45% en 2015). Pour 18% des employeurs, le manque d'expérience des candidats est problématique, contre 12% en 2015.
Pour la septième année consécutive, les ouvriers qualifiés sont les professionnels les plus recherchés. Suivent les cadres et dirigeants d'entreprises, qui occupent la deuxième place depuis 2013.
Alors que les représentants de commerce complétaient le podium en 2015, ils ont dégringolé à la dixième position des professions les plus recherchées en Suisse. Les directeurs de vente font leur apparition pour la première fois dans le classement, à la quatrième place.
Ouvriers qualifiés recherchés
Les ouvriers qualifiés sont également rares au niveau mondial, précise le spécialiste en placement temporaire. Toutes professions confondues, le Japon reste le pays le plus touché par la pénurie de talents en raison du vieillissement de sa population. Quelque 86% des employeurs ont signalé des difficultés de recrutement.
A l'autre bout de l'échelle, les employeurs chinois ne semblent pas rencontrer d'obstacles (10%). En Europe, les employeurs allemands sont fortement impactés (49%), alors que l'Autriche (34%), l'Italie (31%) et la France (23%) s'en sortent mieux. En 2016, 40% des entreprises dans le monde n'ont pas pu recruter le personnel nécessaire.
L'étude a été réalisée au cours du troisième trimestre 2016 auprès de 750 entreprises en Suisse. L'enquête a été menée dans 43 pays et 42'341 employeurs y ont pris part.