HR Today Magazine 3/2021

Gig Economy: ce qu'il faut retenir

HR Today a consacré son édition 3/2021 à l’essor de l’économie de la pige. Voici les principaux enseignements de ce dossier.

1. Trois types d’activité principales
La Gig Economy (l’économie de la pige ou des petits boulots) représente aujourd’hui environ 70 millions de personnes inscrites sur des plateformes numériques dans le monde, dont 10% seraient réellement actives. Cette Gig Economy se divise en trois activités: 1. Les travaux qui impliquent une interaction entre personnes avec une dimension spatio-temporelle (livraison, transport de personnes, soins, travaux ménagers). 2. Les micro-tâches qui peuvent s’effectuer depuis n’importe où (indexation de contenu, intelligence artificielle humaine) et 3. Les missions de longue durée à fort contenu intellectuel (graphisme, développeurs IT, marketing, consulting).

2. Précarisation versus gain d’autonomie
Cette flexibilisation de l’emploi permet aux entreprises de diminuer le nombre de salariés fixes. Elle précarise l’emploi dans la plupart des cas. Mais la Gig Economy répond aussi aux attentes des travailleurs. Depuis les crises pétrolières des années 1970, le modèle social fordiste est en crise. Les travailleurs acceptent de moins en moins cette aliénation par le travail en échange d’une carrière à vie et d’une bonne protection sociale. Ils préfèrent l’autonomie dans leur gestion du temps et la liberté de pouvoir changer d’employeurs et de missions selon leurs besoins de développement personnel. C’est la consommation du travail.

3. Statuts à normaliser
Ces nouvelles formes d’emploi créent une relation à trois entre le travailleur, l’employeur et un intermédiaire neutre. Les plateformes numériques jouent ce rôle d’intermédiation. Certaines grandes plateformes (Uber ou Deliveroo) se définissent comme des sociétés technologiques et refusent d’endosser un statut d’employeur. D’autres au contraire commencent à proposer des formations et de la protection sociale à leurs freelancers. Le marché est en train de se normaliser et certaines plateformes font face à une pénurie de main d’oeuvre. Les sociétés de travail intérimaire et de portage salarial jouent aussi ce rôle d’intermédiation.

4. Carrières cycliques
En termes de gestion RH, cette économie de la pige change la notion de carrière, qui devient cyclique. Durant la phase ascendante, les travailleurs doivent investir dans leur formation et préparer les défis professionnels à venir. En entreprise, un responsable RH devra aussi veiller aux obligations légales (le travailleur a-t-il un statut d’indépendant?), soigner l’accueil et la logistique (veiller à traiter les travailleurs internes et externes de manière équitable). Il faudra aussi répondre aux questions suivantes: faut-il inviter les externes à la fête de fin d’année et ont-ils droit à de la formation continue?

 

Cet article est paru dans HR Today Magazine (no 3/2021).

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Marc Benninger est le rédacteur en chef de la version française de HR Today depuis 2006.

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