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Le travail temporaire, une solution de crise pendant la pandémie et à l'avenir

Pendant les crises, les solutions de travail flexibles sont d'importance systémique. La pandémie en a fourni une preuve impressionnante. Dans notre système économique, des crises surgissent tous les jours. Leur nombre va probablement augmenter. Dans ce contexte, les agences d'intérim tendent souvent une main salvatrice aux entreprises.

Trois exemples illustrent l’importance systémique du secteur temporaire. Rappelons-nous le tout début de la pandémie, quand la peur et l’incertitude dominaient. Les magasins et les installations de loisirs étaient fermés. On pratiquait le télétravail. Et l’on se demandait quand et où on avait été contaminé. Les Suisses restaient à la maison et passaient des commandes sur Internet. Les boutiques en ligne, la logistique, les services de livraison: tous ces partenaires ont dû multiplier leur personnel en quelques jours. Ils n’y seraient jamais parvenus sans les prestataires de services de personnel.

De fait, leurs cadres et leurs RH étaient mobilisés pour réorganiser les processus internes. Ils n’avaient pas le temps de recruter du personnel et de les engager de manière correcte. Par ailleurs, des ruptures d’approvisionnement auraient pu déclencher la panique dans la population. Grâce aux prestataires de services de personnel, les rayons de pâtes et de papier toilette ont été les seuls à parfois devoir attendre d’être réapprovisionnés. On en sourit rétrospectivement.

Après un certain temps, la vaccination et les tests sont arrivés. Dans de nombreux cas, des intérimaires ont assuré ce tour de force organisationnel. Les raisons de faire appel à eux étaient typiques: la demande de tests ou de vaccins augmentait subitement et l’on ne savait pas combien de temps durerait cette ruée. Après quelques mois de performances maximales, les vaccinations ont fortement diminué. C’est alors que les doses de rappel vaccinal, décidées à la hâte, ont requis un nouvel énorme effort. Dans de telles situations, les entreprises qui souhaitent limiter le travail de leurs RH tout en assurant une couverture sociale correcte à leur personnel misent sur les agences d’intérim.

La variante omicron a provoqué une nette augmentation des infections, des isolements et des quarantaines. Ces absences subites risquaient de causer des dommages économiques importants, précisément là où le télétravail n’est pas possible. C’est alors que les entreprises de travail temporaire ont été sollicitées. Elles ont maintenu l’économie à flot grâce à leurs placements rapides. Leurs compétences clés ont fait leurs preuves: mettre du personnel à disposition à très court terme pour des missions ultrabrèves de quelques heures ou jours.

La crise sanitaire a rendu palpable la recette du succès de notre secteur. Elle s’explique par trois éléments. Premièrement, fournir du personnel très rapidement, c’est-à-dire dans les minutes et les heures plutôt que dans les semaines et mois qui suivent. Deuxièmement, en tant qu’employeurs de travailleurs temporaires, assurer l’intégralité de l’administration RH conformément à la loi suisse et à la CCT Location de services déclarée de force obligatoire. Troisièmement, en tant que spécialistes du recrutement, être en mesure de trouver à court terme les spécialistes requis. Voilà comment notre secteur a pu apporter une contribution d’importance systémique à l’activité économique pendant la pandémie.

La recette de notre succès

La crise du corona va finir par passer. Pour autant, la recette de notre succès continuera à faire ses preuves et gagnera en attractivité, même si la situation se détend. Ce qui sera plus difficile à expliquer. Pourquoi? Dans de nombreux domaines, la crise sanitaire a mis en parallèle les besoins de l’économie et ceux de la société en général, par exemple le commerce en ligne, les tests et les vaccinations, sans oublier la main-d’œuvre requise en raison des quarantaines. Toute la société ou presque a partagé ces expériences. L’importance systémique de la branche de l’intérim est donc bien lisible dans ces exemples. Or, lors du retour à la normale, le travail temporaire devrait continuer à gagner en popularité. Cela se fera pour des raisons plus abstraites, d’où les difficultés à le comprendre.

La numérisation, la pression de la concurrence, les nouveaux modèles commerciaux et l’évolution rapide de la demande transforment en permanence l’activité économique. Partout et en tout temps, on enregistre des crises à petite échelle. Elles se déroulent généralement loin de la presse et de l’attention du public. Vues de l’extérieur, ces crises peuvent être positives ou négatives.

Prenons l’exemple d’une boulangerie dont l’offre séduit de plus en plus la clientèle régionale et qui doit donc se développer rapidement. Elle peut faire appel à des intérimaires puis les engager en fixe. Autre exemple: une entreprise industrielle en perdition et dont la technologie menace de devenir obsolète. Elle doit mettre en place de toute urgence une nouvelle gamme de produits.

Dans un tel cas, on observe souvent le schéma suivant: au fur et à mesure que la demande diminue, les postes de travail sont réduits. Et en même temps, de nouveaux profils professionnels doivent être recrutés pour garantir la nouvelle production. Les prestataires de services de personnel accompagnent les collaborateurs présents dans leur requalification et permettent un processus de transformation aussi fluide que possible grâce à des solutions de travail flexibles.

La croissance, la prospérité et l’innovation technique créent des besoins de flexibilité chez les travailleurs. La pénurie galopante de main-d’œuvre qualifiée leur donne une assurance supplémentaire dans leur choix de solutions de travail flexibles. D’autant qu’en cette période de mutation, les emplois fixes sont de plus en plus incertains et peuvent rapidement devenir un piège. Tout cela accélère une évolution qui est déjà en cours depuis longtemps. Depuis les premières statistiques sur la location de services, publiées en 1993, la demande a quadruplé. Leur part dans le travail effectué en Suisse était alors de 0,5%. Elle est passée à environ 2,2%. Et il n’est pas exclu que cette proportion double au cours des prochaines décennies. Pour la Suisse, un pays sans ressources naturelles, les trois piliers du succès sont un marché du travail libéral, l’excellence de la formation et, surtout, la flexibilité.

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Dr. Marius Osterfeld est économiste auprès de swissstaffing.
 
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