Marché de l'emploi

L’optimisme des recruteurs malgré la crise

Au sortir du confinement en mai, il a fallu se poser les vraies questions quant à la reprise de l’activité notamment au sein des agences de recrutement. Comment réengager la conversation suite à un gel des embauches? Comment ouvrir le dialogue sur les nouveaux processus de recrutement à distance? Tant d’incertitudes à maîtriser avant d’approcher le marché à nouveau.

C’est dans l’optique de mieux comprendre le climat du second semestre 2020 que nos équipes ont mené 4 semaines entières de discussions détaillées auprès de 400 entreprises dans toute la Suisse. L’analyse de leurs réponses nous a permis d’obtenir une photographie précise du paysage du recrutement dans le pays sur la fin de l’année à deux niveaux: les tendances de recrutement par secteur et l’adaptation des entreprises à la nouvelle normalité. Mais la tendance est clairement à l’optimisme en Suisse et par-dessus tout au sein des équipes RH!

Au T3 et T4 2020, de nombreuses entreprises sont confrontées à la décision de relancer leurs processus de recrutement afin de booster leur activité et de rester compétitives.

La majorité des responsables RH [65%] estime qu'il est nécessaire de recruter d’ici la fin de l’année. Sans surprise, le secteur de la Santé mène la tendance. 72% des entreprises en Healthcare & Lifesciences ont déjà repris (voire maintenu) leurs processus de recrutement, suivies de près par les entreprises spécialisées en logistique (70%) et services financiers (63%). Les secteurs du Commodity Trading, Business Services et Immobiliers et Construction sont plus prudents, moins de 40% prévoyant de recruter d’ici la fin de l'année. Enfin, le secteur du tourisme continue de souffrir de la crise et prévoit un gel prolongé des embauches.

Du point de vue des fonctions les plus recherchées du moment, les investissements sont plutôt variés en fonction des secteurs: les technologies médicales, par exemple, investissent dans la production et les fonctions hiérarchiques tandis que les entreprises pharmaceutiques recrutent dans la R&D. Les entreprises du secteur de la distribution concentrent leurs efforts de recrutement sur la supply chain [30%], et 20% des nouvelles recrues au sein des Business Services rejoignent les équipes commerciales et marketing.

Une nouvelle normalité difficile à adopter

Depuis le mois de mars, des centaines de milliers d'entreprises et des millions d'employés à travers le monde ont dû s'adapter rapidement aux nouvelles circonstances dues à la crise sanitaire. Si la majorité des entreprises en Suisse est confiante quant à la reprise de leurs processus de recrutement, la plupart d'entre elles font preuve de prudence lorsqu'il s'agit d'adopter pleinement la nouvelle normalité que représentent notamment le télétravail ou la flexibilité du travail en général.

Comme anticipé, les secteurs pharmaceutiques et IT mènent la transition avec plus de 60% de ces entreprises ouvertes à l'intégration du télétravail au quotidien. Doucement mais sûrement, ingénieurs et fabricants s’ouvrent à la tendance également à hauteur de 40%. Finance, commerce et logistique figurent en queue de peloton avec moins de 30%.

Le recrutement à distance est un autre sujet brûlant en cette deuxième partie de l’année. 51% des entreprises sont désormais prêtes à intégrer les entretiens à distance dès la première étape de leur processus de recrutement. Un chiffre qui dégringole dès qu’il s’agit de mener à bien l’intégralité du processus à distance. Seul 5% de ces entreprises sont prêtes à signer un contrat avec un candidat qu’elles n’auront jamais rencontré en face à face. Il est donc de notre responsabilité en tant que spécialistes du recrutement de pouvoir accompagner les 95% restants pour embrasser la normalisation de ce processus.

Un autre point clé de la nouvelle norme est l’émergence du travail flexible, laissant plus de place aux contrats à durée déterminée. Une étude menée par PageGroup auprès de 5 000 employés en Europe a montré que 70% d’entre eux s’attendent à plus de flexibilité, notamment en termes de contrat, de la part de leurs employeurs. Néanmoins aujourd’hui en Suisse, 67% des entreprises préfèrent la stabilité d’une embauche permanente. Là encore, il est de notre devoir d’éduquer et d’accompagner les entreprises dans le recrutement de travailleurs temporaires et intérimaires.

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Anthony Sorlin est actif dans le recrutement depuis plus de 15 ans, basé sur le bureau de Lausanne, il est spécialisé dans le recrutement permanent, temporaire et l’approche directe de professionnels RH en Romandie depuis 2011.

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