Retour vers le futur
En novembre dernier, la 9ème édition du TruGeneva a réuni près de 170 personnes pour échanger sur les défis à venir de la fonction RH, sous le titre «Retru vers le futur».

La 9ème édition du TruGeneva s’est tenue le 6 novembre 2025 à l'Université de Genève en présence d’environ 170 participants.
Photos: Yuri Pires Tavares / yuritavares.com pour TruGeneva

Le comité d’organisation du TruGeneva 2025: Roberta Marques, Davide Rais (avec le micro), Nicolas Revol et Magali Cailleaux.

Lors d’un workshop durant le TruGeneva 2025.

Morgane Gevaux, Chaberton Professionals; Marine Moncozet, Michael Page et Anne-Claire Bertrand, LHH.

Noa Cancino, Swissquote et Léon Aubert, Columbia Sportswear Company.

Valentin Delemontex et Laura Cardaba, Richemont International SA et Charles Genesty, EFG Bank.

Diane Roth, Allec Allan et Victoria Lazovic, Orrick.
Pour mémoire, le format truGeneva propose une rencontre sans cartes de visite, sans conférence et sans présentations commerciales. L’avantage de ce cadre informel est de permettre des discussions à bâtons rompus et d’éviter le politiquement correct. Lors d’une session intitulée «1 RH pour 200 personnes: optimisation ou catastrophe imminente?», animée par Alexandra Rey Peufly, la vingtaine de participants•es ont évoqué le futur de la fonction RH dans un contexte tendu, avec l’arrivée de l’IA et plusieurs incertitudes économiques. Les questions posées: la fonction RH sera-t-elle encore valorisée demain? Va-t-on vers une externalisation complète? Quelle sera la valeur ajoutée d’un manager RH demain?
Selon les participants•es, cette valeur ajoutée est: «Ils savent mener des projets RH; ils sont à l’écoute; ils font remonter les préoccupations des employés; ils créent du lien dans l’organisation et sont des garde-fous qui osent tenir tête à la direction si besoin». Si les RH connaissent leur valeur, ils ont plus de peine à la rendre tangible pour les autres fonctions de l’entreprise. Une piste évoquée: «Apprendre le langage des financiers et proposer une lecture qualitative de certains indicateurs financiers (masse salariale, évolution des équivalents temps plein et lien avec la profitabilité)».
Concrètement, cette lecture RH d’indicateurs financiers serait: «Ces équipes coûtent cher d’un point de vue salarial, mais elles ont d’excellentes compétences et font un travail de haute valeur ajoutée». Ou alors, «ce département coûte cher car de nombreuses tâches n’ont pas encore été automatisées». Il y a aussi eu de nombreuses discussions sur l’arrivée des chatbots pour régler des questions administratives. Une bonne pratique est de mettre en place un système de tickets pour récolter des données puis de le transformer en bot.
Une autre idée serait de fusionner les RH avec les services IT. La société pharmaceutique Moderna a opté pour cette voie. Cela donne aux RH une légitimité technologique (et la tech est devenue plus facile à utiliser aujourd’hui) tout en apportant aux informaticiens une vision plus globale et humaine de l’organisation. Les échanges ont aussi révélé un gap grandissant entre les RH du service du personnel, encore orientés administratif et pointilleux sur le rendu de leurs prestations, et une nouvelle génération de RH, plus agiles, avides de changements et d’outils techs, qui ont envie de se rapprocher du business.