Étude: le travail temporaire est un pilier du système de santé

Sans le travail temporaire, le système de santé serait paralysé dans de nombreux secteur, estiment près de 75% des soignants romands, selon une enquête menée par la société Medicalis auprès de quelque mille professionnels de la santé, dont 937 en Suisse romande.

Dans les cantons romands, le recours au temporaire n’a rien de marginal. Ainsi, 85% des répondants en ont déjà fait l’expérience, aujourd’hui ou par le passé. Et leur regard est sans ambiguïté: près de huit sur dix (79%) y voient un rempart contre les sous-effectifs, et près de deux sur trois (65%) en jugent l’avenir positivement, souligne un communiqué. Loin d’être une formule contrainte et subie, le temporaire s’impose comme un choix, et comme une pièce maîtresse de la continuité des soins.

«Trop souvent, le travail temporaire est perçu comme un pis-aller, relève David Paulou, directeur général de Medicalis, entreprise spécialisée dans le recrutement de professionnels de la santé et du secteur social en Suisse. Nos données disent l’inverse: les soignants y voient un pilier de la continuité des soins et un véritable choix de carrière.»

Le salaire, fausse évidence

L’enquête bouscule par ailleurs une idée reçue. Interrogés sur ce qui devrait changer pour qu’ils restent durablement dans le métier, plus des deux tiers des soignants (69%) réclament de meilleurs salaires. Mais lorsqu’on leur demande ce qui les motive réellement à rester, ce même salaire ne figure qu’en sixième position (25%), loin derrière le contact avec les patients (70%) et le sens du travail (59%). En clair, si la rémunération peut justifier un départ, elle n’est pas le moteur de la fidélité.

Ce moteur, l’enquête le situe ailleurs: dans la reconnaissance, l’intégration aux équipes et la formation continue, que plus de huit Romands sur dix (82%) jugent importante. Un terrain sur lequel Medicalis investit à travers Medicalis Academy.

«Que plus de huit soignants sur dix jugent la formation continue importante n’a rien d’anecdotique: c’est le signe qu’ils veulent rester maîtres de leur parcours, explique Bernadette Marques, responsable de la Medicalis Academy. C’est précisément la vocation de la Medicalis Academy, qui leur ouvre des perspectives concrètes de progression et de spécialisation.»

Le numérique attendu, mais pas réclamé

L’étude se penche enfin sur la place de la technologie. Sept soignants sur dix (70%) anticipent une montée de l’intelligence artificielle dans leur quotidien d’ici cinq ans, mais six sur dix (61%) redoutent qu’un excès de technologie n’altère la dimension humaine du soin. Le signe le plus révélateur figure en fin de questionnaire: invités à nommer librement la chose qu’ils changeraient en priorité, 469 soignants romands ont répondu, et, parmi leurs réponses, la technologie n’y apparaît qu’à la marge. Leurs demandes sont d’un tout autre ordre: davantage de personnel, de temps et de reconnaissance.

Ces tendances ne s’arrêtent pas à la frontière linguistique. L’échantillon alémanique est plus restreint, mais les réponses recueillies outre-Sarine confirment, à titre indicatif, les principaux constats romands, en particulier le rôle systémique du temporaire et le paradoxe salarial.